Intervention de Jean-Philippe Olivieri aux Journées de la République à Paris le 10/09/23

Quelles sont les différences entre les radicaux de gauche et les autres grands partis politiques de gauche.
J’en vois deux.
La première c’est que nous n’avons pas de dirigeants obnubilés par l’élection présidentielle. 

La deuxième c’est que nous n’avons pas à la différence des grands partis de gauche la volonté d’être un parti pivot autour duquel se rassemblerait toute la gauche. 

Ces deux paramètres nous permettent la plus grande liberté pour nous focaliser non pas sur des querelles de personnes ou des ambitions personnelles toutes légitimes qu’elles puissent être, mais sur des thèmes transversaux et fondamentaux que sont les luttes contre toutes les injustices et inégalités sociales, le dérèglement climatique et la place de l’humanisme dans la société.

Quelle peut être notre place au sein de la gauche.
Notre influence est fondamentale dans le sens où les majorités aux élections présidentielles, législatives se font généralement à quelques points au-dessus de la barre fatidique des 50 %.

C’est notre apport d’électeurs spécifiques qui se reconnaissent dans nos valeurs humanistes solidaires qui peut permettre aux coalitions dans lesquelles nous participerions de passer du minoritaire au majoritaire et de gagner l’élection.

Un différentiel entre opinions et votes.

De récents sondages indiquent qu’une très grande majorité des Françaises et des Français se reconnaissent dans les idées défendues par des partis de gauche. 

Les pourcentages d’approbation peuvent atteindre jusqu’à 70 % de réponses positives. 

On pourrait s’en réjouir. 

Je crois plutôt qu’il convient de s’en inquiéter car cette approbation ne se traduit pas dans les urnes. 

Le vrai problème c’est de se demander si les partis de gauche sont encore capables de regrouper autour d‘eux suffisamment de Françaises et de Français pour arriver aux 51 %. On peut en douter à ce jour car aucune analyse sérieuse sur les causes de cette désaffection n’a été faite par les partis politiques. Seraient-ils incapables de s’interroger publiquement pour construire une nouvelle vision débarrassée des vieilles mêmes recettes, des mêmes propositions, des mêmes dirigeants(e)s. 

Ils se trompent en tout cas de continuer comme avant, alors qu’il faudrait un sursaut pour éviter en 2027 l’arrivée de l’extrême droite officielle au pouvoir. 

Sans insulter personne, ne sont-ils pas des canards, à qui l’on aurait coupé la tête, et qui continueraient à courir en récitant la même routine autodestructrice du refus de voir la réalité de leur déchéance électorale.

Nous radicaux de gauche sommes peut-être le seul parti capable de poser cette problématique. 

Ce n’est pas par prétention ou donneur de leçons. Restons humbles.

Je pense que c’est une des fonctions que nous pouvons saisir si nous restons libres et indépendants de tous partis.

Nous devons parler avec tous, débattre avec tous, s’allier ponctuellement selon les spécificités locales, selon les campagnes électorales.

Nous sommes relativement nouveaux, en tant que radicaux de gauche, pour les électeurs même si nous disposons d’une aura positive au vu de notre passé glorieux même un peu ancien.

Nous n’avons pas de rapport de force électoral avec les autres partis.

Nous avons de grandes ambitions et surtout une grande disponibilité pour réfléchir et proposer des thèmes de réflexion transversaux qui peuvent nous réunir plutôt que nous diviser et opposer.

Par exemple la manipulation de la démocratie par les réseaux sociaux, le complotisme et tous les discours discriminatoires. 

Battons-nous contre la mainmise sur le pouvoir d’une technocratie qui véhicule les fondamentaux du néo libéralisme…

Indépendants dans l’interdépendance.

Ces grands chantiers, nous devons les prendre en charge mais cela ne veut pas dire que nous devons obligatoirement travailler seuls. Nous pouvons le faire avec d’autres forces, d’autres mouvements avec lesquels nous sommes en relation depuis un certain nombre d’années. Mais aussi avec les partis de gauche traditionnels pour à deux, à trois, à plusieurs réfléchir à ce qui pourrait faire avancer la gauche. 

Arrêtons de poursuivre avec les autres formations et partis de gauche des discussions stériles de positionnement politicien, de places à se partager avant même de chercher à rassembler les électeurs.

Les millions de Françaises et français qui ont abandonné la gauche reviendront vers nous tous s’ils constatent que leurs préoccupations quotidiennes sont enfin prises en compte avec un vocabulaire clair et concret.


Le citoyen constate la situation qui est catastrophique sans agir.

Le militant conteste cette situation en protestant souvent avec véhémence

L’élu construit et sera respecté et suivi s’il ne renie pas ses convictions et les promesses d’avenir meilleur qu’il a promis dans l’opposition.

L’objectif de réconciliation avec le peuple de gauche est un enjeu particulièrement difficile.
Mais il n’est pas négociable pour l’avenir d’une France humaniste et respectueuse de tous.

Nous radicaux de gauche soyons en le moteur, à notre juste place, avec tous ceux qui veulent sincèrement changer les choses.

Et cela par le travail, le débat, l’innovation et la volonté de rester indépendants dans l’interdépendance avec tous ceux qui veulent changer la vie de nos concitoyens.